Rencontre avec Baudouin de Troostembergh, créateur et dirigeant du Startup Studio

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Après 15 ans d’entreprenariat, 6 ans à Startup Factory, une cinquantaine de projets lancés, une trentaine de startups concrétisées dont une dizaine devenues de véritables sociétés, Baudouin de Troostembergh rejoint le Fonds du Bien Commun pour lancer un startup studio orienté bien commun. Rencontre avec un serial-entrepreneur passionné par le 0 à 1.

1. Pouvez-vous nous présenter succinctement votre projet de Startup Studio ?

Il s’agit du premier startup studio engagé qui porte l’ambition de transformer la France et plus largement le Monde de demain.

À partir de là, deux mouvements sont possibles : créer des startups en détectant et sélectionnant des projets via des entrepreneurs engagés. Ou créer des projets que nous n’avons pas identifiés sur le marché pour les proposer à un entrepreneur ambitieux qui a la volonté de déployer avec nous le 0 à 1. Dans les deux cas, nous offrons un accompagnement sur-mesure sur toutes les étapes du projet afin de l’introduire et de le tester rapidement sur le marché. Comme ce startup studio est adossé à un fonds d’investissement/dotation, le financement est beaucoup plus accessible et donc, beaucoup plus rassurant pour tous ceux qui souhaitent entreprendre. Il s’agit d’un des outils phares du Fonds du bien Commun (à côté de la Foncière Solidaire, du Fonds de dotation, etc.)  Le tout avec l’ambition de déployer en moyenne 10 projets par an.

2. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer ?

Trois grands éléments m’ont donné envie de me lancer. Le premier est ma volonté de mettre mon expérience et mon expertise au sein d’une structure porteuse de sens.  Le second – intimement lié – est mon alignement aux valeurs portées par le FBC. J’ai tout de suite été conquis par la vision et la volonté de Pierre-Edouard Stérin (ndlr : ami de longue date) de vouloir changer la donne sur des sujets engagés. Et le troisième : mes enfants. Véritable élément déclencheur dans la concrétisation de ma réflexion. J’ai cinq enfants dont deux aînés qui entrent en adolescence et je constate plus que jamais de l’influence qu’ont les mouvements de notre société. Les jeunes sont des éponges pour autant, le futur passe par eux. Je pars donc avec cette volonté de changer les choses pour leur offrir une nouvelle proposition dans l’objectif de les nourrir et ainsi, construire leur équilibre. Je reste convaincu que le changement ne peut venir que des individus. Ce sont les initiatives personnelles (d’entrepreneurs) qui peuvent changer les choses. Il faut donc leur donner les moyens de les réaliser. Une équipe de personnes déterminées et bien équipées peuvent changer les lignes. L’entreprise a un rôle à jouer, au-delà de prêcher, elle fait, réalise, concrétise. Je suis face à beaucoup de personnes qui veulent être profondément utiles au monde de demain alors je veux être là pour les aider.

L’entreprise a un rôle à jouer, au-delà de prêcher, elle fait, réalise, concrétise. Je suis face à beaucoup de personnes qui veulent être profondément utiles au monde de demain alors je veux être là pour les aider.

3. Présentez-nous votre parcours.

Ingénieur de gestion de formation, je suis entrepreneur depuis quinze ans. J’ai commencé dans l’industrie (entre autres pour les nations unies au Congo où il était question de travailler sur la faisabilité industrielle) puis de retour en Belgique, j’ai décidé de reprendre une usine avec comme objectif de la restructurer. J’ai basculé ensuite dans le digital avec le lancement de deux startups que j’ai finalement revendues. Et enfin, j’ai créé Startup Factory, un startup studio basé à Bruxelles, où mon équipe et moi avons lancé une trentaine de projets, tout secteur confondu, dont une dizaine qui sont devenus de véritables sociétés. Passionné par le 0 à 1, j’ai toujours pris à cœur d’accompagner des porteurs de projet aussi variés qu’attractifs. Toujours avec le même entrain, toujours avec la même idée de booster leur talent pour les introduire sur le marché. J’aime plus que tout m’associer à des individus. Ils portent chacun leur histoire, une vision, un rêve et cela me permet d’utiliser mon intuition pour cerner et concrétiser des projets qui leur ressemblent.

Mon parcours se déploie aussi du côté privé, après avoir vécu dans plein de villes différentes, je me suis finalement installé en périphérie de Bruxelles avec ma famille. Nous y avons une ferme ce qui constitue un super laboratoire d’entreprise. En effet, au-delà du bonheur de bénéficier de produits frais, c’est une formidable école entrepreneuriale pour mes enfants. Je peux leur inculquer, de façon très terre à terre, une responsabilité très forte dès le plus jeune âge. Ils y revoient leur rapport au temps, leur niveau d’attention (tant pour les animaux que nous élevons que pour les légumes que nous cultivons), ça permet à chacun d’équilibrer sa vie face à la société et à la vitesse qu’elle nous impose.

4. Quelle ambition pour ce Startup Studio ?

Dix projets par an dans l’éducation, le patrimoine, la solidarité, la croissance humaine et spirituelle et la souveraineté. À moyen terme, nous avons la volonté de déployer 20 millions d’euros par an. Notre ambition rester la même que celle du Fonds du Bien Commun. Transformer la France et essaimer partout en Europe. Une façon de rendre la société plus unie, plus libre et plus juste.

5. Quels sont les profils que vous recherchez ?

Je recherche des profils passionnés, qui sont portés par une énergie ! C’est-à-dire des âmes profondes, à l’énergie inépuisable, qui porte la capacité de construire et déployer une vision stratégique. Je cherche aussi et surtout des personnes qui n’ont pas peur de mettre les mains dans le cambouis pour lancer leur projet. On peut avoir un sens stratégique ultime mais il faut savoir et vouloir faire des tâches très opérationnelles. Evidemment, les motivés doivent être alignés sur les valeurs du Fonds du Bien Commun. 

6. Une référence inspirante à partager ?

Gladiator de Ridley Scott ! Je ne regarde aucun film, aucune série, je n’ai d’ailleurs pas la télé chez moi mais je peux me targuer d’avoir vu ce classique. Déjà le personnage principal est un homme simple, sans égo, qui ne court après aucun honneur. Il accorde énormément d’importance à sa famille qui est son socle. Il fait son devoir sans y chercher le pouvoir. Il a un réel sens des valeurs alors que sa fonction le dépasse. Il s’agit d’un homme qui se soucie du sens des choses et qui se bat pour un idéal. C’est un homme de paix qui finit par être reconnu naturellement du peuple. Le peuple est toujours en mesure de reconnaître un homme bon quand on lui en présente un… À méditer. Je vous laisse avec ça !

7. Un rêve pour l’avenir ?

Tout est possible. Oser. J’aimerais dire au plus grand nombre de ne jamais s’interdire d’oser et de croire en la Beauté de ses rêves.

8. Une rencontre décisive pour grandir ?

Ma famille. La force qu’elle me donne. L’équilibre qu’elle m’apporte. 

9. Un mot pour la fin ?

Rejoignez l’aventure si vous croyez aux entrepreneurs capables de changer la société et que vous désirez travailler après d’une équipe engagée !

Merci Baudouin !